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Timbrage en boulangerie

Les deux nuits qu’il ne faut jamais confondre.

En boulangerie, on travaille la nuit. Et il existe deux nuits différentes dans le droit suisse : celle qui se paie, et celle qui donne du repos. Un logiciel qui les mélange fait payer trop, ou pas assez — et les deux se découvrent au contrôle.

La nuit qui se paie : de 22 h à 3 h

La convention collective de travail de la boulangerie-pâtisserie-confiserie suisse, déclarée de force obligatoire, prévoit un supplément pour le travail effectué entre 22 h et 3 h. Deux manières de le régler :

La nuit légale : de 23 h à 6 h

La loi sur le travail définit, elle, la nuit de 23 h à 6 h. Ce qui tombe dans cette tranche ouvre droit à du temps de repos compensatoire — pas à de l’argent.

Les deux tranches se chevauchent, et ne servent pas à la même chose

Une heure travaillée à 23 h 30 compte à la fois pour le supplément de la convention (22 h – 3 h) et pour le repos compensatoire de la loi (23 h – 6 h).

Une heure travaillée à 5 h du matin ne donne aucun supplément de la convention — il est 5 h, la tranche 22 h – 3 h est passée — mais elle compte quand même pour le repos compensatoire, parce que la nuit légale court jusqu’à 6 h.

C’est exactement l’heure où un fournil est en pleine activité. Un compteur unique ne peut donc pas être juste.

Ce que produit une même heure de travail, selon le moment
Heure travailléeSupplément CCT (22 h – 3 h)Repos compensatoire (23 h – 6 h)
21 h 30nonnon
22 h 30ouinon
00 h 30ouioui
02 h 30ouioui
04 h 00nonoui
05 h 30nonoui
06 h 30nonnon

Dans BakerPro, ces deux compteurs sont tenus séparément sur chaque pointage. Le relevé montre les deux, avec la base légale de chacun écrite en toutes lettres.

Ce que la convention demande d’autre au relevé

Le plan de travail à l’avance
Le plan doit être communiqué à l’équipe deux semaines avant. Ce n’est pas une politesse : le respect de cette règle a des conséquences sur le paiement des heures restantes à la fin du contrat.
Le relevé mensuel, confirmé
Le décompte des heures doit être confirmé chaque mois, dans un délai de quatorze jours, et l’employé a le droit d’en recevoir une copie. Un relevé qui reste dans un tiroir ne vaut rien.
Le plafond de 100 heures
Le solde d’heures est plafonné à deux dates de référence dans l’année, fin février et fin août. Au-delà, il faut compenser ou payer.
La fin des rapports de travail
Les heures restantes se paient avec un supplément de 25 %, sauf si le plan de travail et sa communication ont été respectés.
La semaine de 42 heures
C’est la durée de travail de référence de la branche. Elle sert aussi à convertir un salaire mensuel en taux horaire — et une conversion fausse fausse tout le reste.
Le dimanche et les jours fériés
Six jours fériés payés par an, et le travail du dimanche suivi à part. Le relevé les distingue des heures ordinaires.
Les vacances
Cinq semaines, soit 10,64 % pour un salaire horaire. Le taux est calculé, pas saisi à la main.
Les congés payés
Décès d’un proche, naissance, mariage, déménagement : la convention accorde des jours précis, et certains ne comptent pas dans le plafond annuel.
Le 13e salaire
Calculé sur la moyenne des douze derniers mois, versé en une fois ou réparti chaque mois selon ce qui est convenu.

Comment ça se passe au fournil

Un badge sur une tablette, où vous voulez

Un lecteur de badges courant se comporte comme un clavier : il fonctionne sans pilote, branché sur une tablette ou un ordinateur. Au fournil, au bureau, à l’entrée du personnel — vous choisissez. Et vos badges actuels sont le plus souvent réutilisables tels quels : nous les avons repris sans rien changer.

Ça marche sans connexion internet

Un fournil en sous-sol, un routeur qui redémarre : le timbrage continue. Les pointages sont gardés sur la tablette et repartent d’eux-mêmes dès que la ligne revient. Personne ne perd son arrivée.

Les oublis sont traités, pas ignorés

Quelqu’un oublie de badger en partant ? Le logiciel ne compte pas trente heures d’affilée : la présence est bornée, la journée signalée, et la correction se fait à la main — en gardant la trace de la valeur d’origine et de qui a corrigé. Un relevé qu’on peut modifier sans laisser de trace ne vaut rien devant un contrôle.

Chacun voit ce qui le regarde

Le fournil voit la production, pas les salaires. Un champ qu’une personne n’a pas le droit de voir est absent, pas affiché à zéro — la différence compte, parce qu’un zéro se lit comme une information.

Réserve. Cette page résume ce que nous avons mis en œuvre dans notre propre boulangerie. Elle ne remplace ni le texte de la convention collective, ni la loi sur le travail, ni l’avis de votre fiduciaire ou de votre association professionnelle — qui font foi en cas de divergence. Les taux, les catégories de personnel et les montants doivent être validés pour votre maison. Version de la convention prise en compte : 2025–2028.